14 mai 2014 - 06:03
Sanctions contre la Russie : qui se laissera miser ?

Ce n’est pas pour rien que l’UE redoute les dommages éventuels causés par la pression économique sur la Russie.


Agence de Nouvelles d'Ahlul Bait (ABNA) : L’UE a confirmé l’élargissement des sanctions contre la Russie, lit-on dans le communiqué des ministres des Affaires étrangères de l’UE. Treize noms de personnalités russes ou prorusses ont été ajoutés à la « liste noire » de 48 personnes. Outre cela, l’UE a gelé les actifs de deux entreprises de la Crimée et de Sébastopol.

Instaurer des sanctions est une méthode importune et contre-productive dans le dialogue avec Moscou, a-t-on annoncé à plusieurs reprises dans le ministère russe des Affaires étrangères. Selon les experts, l’introduction de nouvelles sanctions aura un impact négatif sur l’économie européenne et américaine.

Récemment, l’ex-chancelier allemand Gerhard Schröder a appelé l’Occident à réfléchir moins aux sanctions contre la Russie. Au lieu de cela, il vaut mieux parler des intérêts russes en matière de sécurité, selon M. Schröder. Le ministre néerlandais des Affaires étrangères Frans Timmermans s’est également opposé à la pression sur Moscou. Selon lui, n’est pas nécessaire de passer dans une troisième phase de sanctions économiques. En même temps, le ministère américain des Finances a déjà commencé à calculer ses pertes. Quant aux pays européens, ils ont déjà subi le contrecoup des sanctions économiques contre la Russie, a annoncé David Cohen, vice-ministre américain des Finances. Au cours de ces dernières années, l’intégration de l’économie russe dans l’économie mondiale a considérablement augmenté. Il peut s’agir des milliards de dollars, estime Maxime Braterski, chercheur à la chaire de l’économie mondiale et de la politique à l’Ecole des hautes études en sciences économiques.
« Si l’Occident gèle ses investissements en Russie, alors d’une part la Russie n’en obtiendra pas l’effet économique souhaité : impôts, nouveaux postes. D’autre part, les investisseurs européens n’auront pas le profit qu’ils ont attendu. »

Ce n’est pas pour rien que l’UE redoute les dommages éventuels causés par la pression économique sur la Russie. Les sanctions sont capables de réduire le pronostic de croissance économique de l’Allemagne, « locomotive de l’Europe », de 1% presque, lit-on dans le journal britannique Daily Telegraph se référant sur le rapport secret préparé par l’UE. Cela augmentera les risques d’une récession économique à Berlin, ce qui aura un impact négatif sur tous les pays de la zone euro. Voilà pourquoi ces derniers temps, on tarde à élargir les sanctions contre la Russie, avancent les experts. Le destin de 28 Etats membres de l’UE en dépend. Plus la situation économique est compliquée en Europe, plus l’UE est proche du déclin. Nous vous proposons d’écouter Alexandre Kokeev, chercheur à l’Institut de l’économie mondiale et des relations internationales à l’Académie des sciences de Russie.

« Les intérêts économiques ne peuvent pas être seuls à la base de la politique ; les intérêts purement politiques ou « géopolitiques », un terme à la mode aujourd’hui, ne peuvent pas tout décider en abandonnant complètement l’économie. »

Dans quelques années, l’UE peut renoncer au gaz russe, par exemple, qu’elle paye actuellement à un prix moyen de 380 dollars pour 1.000 mètres cubes. Mais alors les Etats-Unis peuvent obtenir une partie du marché énergétique européen. C’est à cela que Washington aspire en dressant Bruxelles contre Moscou. Par ailleurs, les Etats-Unis ne tiennent pas compte d’un point important. Le jeu contre la Russie peut augmenter les liens économiques et par conséquent politiques entre Moscou et Pékin. Et cela risque de faire perdre aux Etats-Unis leur statut d’hégémon mondial.

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